SCENE VIII
FKARON
Hulloa, my boy ! Le capitaine vient de me dire... Mais présente-moi cette dame.
LUC, présentant.
Madame Felse... Lady Sullivan.
FEARON, secouant énergiquemenl la main de Jeannine.
Glad to meet you ! Je vous ai déjà vue, à Nice.
JEANNINE
En effet. Et monsieur de Bronte m'avait parlé de vous.
FEARON
Oh! il m'a parlé de vous aussi. Oui, c'est un honnête rûcleur de consciences. De peur que sa récolte ne soit perdue, il en fait part tout de suite à ses amis. Donc, si vous savez que j'ai vendu un peu plus de bijoux que je n'en ai acheté, je sais, moi, que votre système nerveux n'est pas tout à fait en ordre. Alors, il n'a pas encore suffisamment étrillé votre petite âme? Le traitement n'a pas réussi?... Que diable êtes-vous venus chercher dans ce pays de brigands ?
LUC, à Jeannine, très gêné.
Excusez-la. Elle se trompe. Je ne lui ai jamais parlé de vous.
FEARON, s'amusant.
Oh, sorry, awfully sorry ! Je croyais que vous
étiez la dame aux visions. Celle qui a un vieux mari, du côté d'Oran !
LUC, exaspéré.
Il ne ment pas, vous savez ? Il dit toujours la vérité. {Lui louchant les cheveux.) Theré^s a good boy.
LUC
Je crois que vous êtes ivre.
» FEARON
Jamais avant midi.
JEANNINE
Madame, ne croyez pas embarrasser M. de Bronte en lui rappelant devant moi ce qu'il a pu vous confier à mon sujet. De sa part, ces indiscrétions sont toutes naturelles ; je ne lui en veux pas.
FEARON
Voilà une aimable personne... et qui doit te rendre la vie bien agréable. My word ! On dirait deux jeunes mariés en voyage de noce î
LUC, sévère.
Fearon, si tu désires que cette conversation continue, je te prie de changer de ton.
FEARON, dansanl de gaîlé.
Quoi ? On ne peut plus être gaie ? Mais la vie est en or, aujourd'hui. Nous étouffions depuis trente