SCENE IX
JEANNINE
Un peu.
FEARON
But, my dear, enlevez donc ce casque. Quelle idée de s'entourer la tète de bouchons, quand, depuis deux heures déjà, le soleil n'a pas plus de force que le sermon d'un clergyman !
{Le gardien rentre, apportant du whisky.)
JEANNINE
J'ai encore soif.
FEARON
Ilave some of this ?
Non, non.
FEARON, au gardien qui sort.
Alors, agua, wasser, iguid ! {Buvant,) Moi, dans ce pays, je trouve que ce n'est pas assez d'avoir du feu dans les yeux, sur les mains et sur les épaules. J'aime aussi le sentir à l'intérieur... {Elle repose son verre auprès de la bouteille.) Maintenant, je vais parler d'affaires avec Belkaçem. Je vous laisse. {Désignant la chambre de gauche.) Il y a là quelque chose qui ressemble à des lits. C'est là que nous dormirons toutes les deux, Mrs Felse. {Près de la porte.) Ah, j'oubliais : dans un quart d'heure, le clergyman va se coucher. Oui, le soleil. Il faut voir ça! Il* s wonderful! Parce qu'ici, le clergyman couche en enfer. {Elle rit.) Tout de^ ient rouge, depuis les dernières échines de granit, à Thorizcn?
jusqu'aux pierres de la hamada qui sonnent le cristal. Et celles de Voued à sec, qui sont plates et ridées comme l'eau, et les escaliers de grès, debout contre le ciel, et les glaciers de sable qui bombent entre deux rocs : tout flambe î You musl see thaï. N'y manquez pas.
{Elle sorL)
JEANNINE
Elle parle... elle parle... Est-ce qu'elle est encore ivre?
LUC
Elle le sera bientôt.
JEANNINE
Je n'ai pas envie de partager cette chambre avec elle.
LUC
Elle te la cédera. Je m'en charge.
JEANNINE
Ni d'aller voir coucher le soleil.
LUC
Repose-toi.
JEANNINE
Oui. Je vais m'étendre un peu.
{Elle va pour sortir, puis revient à lui.)
LUC
Qu'y a-t-il ?