SCÈNE IX
FEARON ferme la porte el met la clé dans sa poche ; revenant à lui.
Fille !
LUC, se relevant.
Qu'est-ce que tu as machiné ? Quels mensonges as-tu pu lui faire, dis ?
Je Tai mise en face de la vérité.
LUC, criant.
Quelle vérité ?
FEARON
Celle que tu cherches depuis six mois. Elle a livré sa mère aux Bicots ! Belkaçem Pa vue, jadis, leur désigner le coin de roche où la dame se cachait.
LUC, même jeu*
Elle a fait cela ?
FERAON
Elle l'a fait I Et elle meurt aujourd'hui de s'en être souvenue.
LUC, dans une exaltation maladive.
Enfin, je sais ! Enfin, je tiens son secret !
FEARON
Oui, un beau secret empoisonné ! Plus lourd et plus réel que tu ne pensais, n'est-ce-pas ?
LUC
Les rêves ne mentaient pas. Elle haïssait sa mère ! J'avais vu juste !
FEARON
Juste... et faux, mon pauvre homme î Car tu croyais ne trouver en elle que des désirs obscurs, — et c'est une action qui pesait sur son âme. Un geste innocent, le mouvement d'un petit bras dans la lumière du soir... Un geste meurtrier, qui a perdu sa mère î Tu croyais la guérir en l'éclairant, — et le premier rayon qui a percé sa mémoire l'a tuée ! Les choses humaines sont doubles : les êtres sont à la fois inconscients et responsables, pleins de scrupules et de cruauté, de sagesse et d'incohérence, de logique et de folie. Tu ne le savais pas ?... Pour nous qui l'avons achevée...
LUC, rinlerrompanl avec violence.
Ne dis pas nous ! Tu es seule coupable î
FEARON, dans une soudaine colère.
Stop il ! Qui tisonne depuis des mois dans son passé ? Qui fouille ses amours et ses haines d'enfant? Qui a rouvert l'abcès ! Petit rongeur orgueilleux et tracassier, j'ai honte de ta sottise !
LUC
Tu sais bien que je voulais la sauver !
FEARON
Pas d'hypocrisie ! Quelque chose, en toi, la vou-