SCÈNE IX
lait morte. C'est toi qui Tas conduite ici. C'est toi qui as réveillé le souvenir.
LUC
Je Paimais ! Je Taimais !
FEARON
Oui... Et tu la haïssais. Moi aussi, tu m'as aimée et haïe ! Tu aimes et tu hais toutes les femmes que tu approches. Tu es aussi malade que tes victimes. Tu portes, comme elles, des énigmes non résolues, des rêves non dévorés. Apprends enfin quelque chose sur toi-même, ô expert en consciences chargées !
Tu peux m'accabler. Sans toi, elle vivrait I Tu Pas achevée sans raison.
FEARON, riant aux éclats.
Sans raison ? Ah ! Ah ! Ah ! Qui sait ? Peut-être qu'elle m'agaçait, avec ses voiles verts et ses ongles rongés !
LUC
Tu n'étais même pas ivre. Tu as agi pour le plaisir du mal, par cruauté intelligente.
FEARON va à lui y le prend par le cou et l'embrasse.
Darling, est-ce que tu sais que tu n'es pas très intelligent, toi ?
LUC, la repoussant.
Ne me touche pas.
FEARON
Fm in love with a fool.
LUC
Tais-toi. Ne dis pas que tu m'aimes.
FEARON
Il ne s'en est même pas douté, le psychologue ! Tu es avec moi depuis six mois. Ta folle, j'étais jalouse d'elle. Je souhaitais sa mort. Quand tu l'as remise entre mes mains, toute chaude et les pattes liées, comme une poule qu'on va saigner, ah, je t'aurais sauté au cou, de plaisir î (Elle boit.)
J'ai honte et dégoût de moi, de l'univers entier. Je voudrais me perdre dans le désert des pierres. Ouvre cette porte, je ne peux plus te supporter.
FEARON, riant, un peu ivre.
Tu ne sais donc pas que nous allons nous marier ?
LUC
Je ne te reverrai jamais.
FEARON
Avant trois mois, je serai ta femme. Yes, oldboy, tu m'épouseras ! J'ai besoin de respectability. Trop bibeloté,ces temps derniers, dans ta vieille France. (Elle boit.) Je bois à notre heureuse union î
LUC
Tu déraisonnes.