LES MÊMES, VERA ZVIERLOF
{Vera entre de droile^ son chapeau sur la lêle. C'est une mince jeune femme de vingt-huit anSy aux manières inquiètes, aux yeux parfois égarés.)
VERA
Oh, pardon I Je croyais quelemaître était rentré.
THÉRÈSE
Pas encore, petite Véra. Mais restez. Vous ne nous dérangez pas.
VERA
Merci, Madame. J'ai des articles à découper pour lui.
(Elle se retire.)
SGÈiNE VIII
THÉRÈSE, LA VICELLL LA VICELLf
Qui est cette jeune personne ?
THÉRÈSE
Une chanteuse russe.
LA VICELLI
Comment s'appelle-t-elle ?
THÉRÈSE
Vera Zvierlof.
LA YiCELLi, froidemenl.
Je ne connais pas.
Elle n'est pas encore très connue... Elle a beaucoup de talent.
LA VICELLI
Elle doit avoir une mauvaise méthode. Les Russes ne savent pas mettre la voix dans le masque. Où a chanté cette personne ?
THÉRÈSE
Dans les concerts. Elle ne s'est pas produite depuis quelque temps. Elle ^ été malade.
LA VICELLI, avec supériorité.
Ces voix slaves ne tiennent jamais. Il n'y a que les voix italiennes.
THÉRÈSE
Sa voix est en parfait état. Elle souffre des nerfs. Elle avait... {Elle hésite.) Au fait, pourquoi ne pas vous le dire? Quand j'ai fait sa connaissance, elle était perdue de morphine et d'alcool... Elle parlait, elle aussi, de se suicider. Mais elle a eu confiance en nous. Elle nous a permis de l'aider. Je l'ai soignée. Je l'ai vuedevenir chaque jour plus saine^ plus heureuse... Et je vous assure que c'est une vraie joie, — pas une joie orgueilleuse de bienfaitrice,— mais unejoiepresquematernelle, de rendre une artiste à son art. Si vous le vouliez...