‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 111 sur 186 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

SARÏERRE, THÉRÈSE.

SA.RTERRE, entrant de gauche.

Cette toquée me porte sur les nerfs.

THÉRÈSE

Michel, fais-lui sa lettre.

SARTERRE, avec cnnuL C'est nécessaire?

THÉRÈSE

Tu as promis.

SARTERRE

Bon. Ce soir. Nous verrons.

Ce soir, tu n'y penseras plus.

SARTERRE

C'est probable.

THÉRÈSE

Si tu l'écris tout de suite, il y a une récompense.

SARTERRE

Ah?

THÉRÈSE

Une nouvelle agréable.

SARTERRE

Soit. (Il s'assied à la table. Tout en écrivant.) ^q peux dire que c'est une Malibran. L'agent de Son-

zogno verra tout de suite qu'elle ne peut plus faire... Quarante-cinq ans... La voix... (// fait de la main un geste indiquant le tremblement de la voix.) C'est bien fini. (Lui tendant la lettre.) Voilà. Mets l'adresse.

THERESE, obéissant.

Merci.

SARTERRE

Maintenant, la récompense.

THÉRÈSE

Mahé sort d'ici.

SARTERRE, intéressé.

Tiens?

Hésitant, grincheux, douceâtre. Peur de toi et envie de ta symphonie. Quand j'ai dit que Chénevière l'éditerait peut-être, il a blêmi. Son dernier mot : « Qu'il ne signe pas sans rn'avoir vu. »

SARTERRE

Mais, c'est presque une proposition. Comment t'y es-tu prise? 11 me faut deux mois pour en arriver là... Chaque fois que j'entame la question, il commence à me parler de sa bonne.

THÉRÈSE

J'ai dit que tu voulais trois mille francs !

SARTERRE, riant.

Tu es très forte... Tu as encore vu des gens, à la sortie?

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