SCENE II
SARTERRE, THÉRÈSE.
THÉRÈSE, rentrant.
Pourquoi t'es-tu prêté à cette nouvelle folie ?
Quand une artiste en est arrivée là... une heure... un seul moment de courage... c'est d'un prix que tu ne peux pas connaître.
THÉRÈSE
Cette soirée... tu ne crains pas qu'elle y soit ridicule ? On se moquera de son chant.
SARTERRE
J'ai prévenu les Préfailles. Ils seront seuls avec deux amis.
THÉRÈSE
C'est curieux. Autrefois, elle t'irritait. Et aujourd'hui, tu t'occupes d'elle, tu l'aides, tu as...
{Elle s'arrêle el le regarde, comme avec crainle,)
SARTERRE
Dis-le.
THÉRÈSE, avec une émolion conlenue.
Aujourd'hui, tu as pitié d'elle.
SARTERRE
Moi ? Par exemple I
(On sonne.)
THÉRÈSE
Ce doit être Fanères... Si tu préfères ne pas le voir...
Au contraire, j'ai quelque chose à lui dire. Je viendrai tout à l'heure. {Le domestique entre de droite avec une carte qu^il remet à S ar terre.) Tiens, le père Mahé.
THÉRÈSE
Tu vas le recevoir?
SARTERRE
Pourquoi pas? {Au domestique.) Fais entrer le monsieur.
{Le domestique sort à droite, Thérèse à gauche.)