‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 170 sur 186 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

VERA, les yeux baissés el à voix basse.

Peu de temps après notre séparation, il m'est arrivé un malheur.

SARTERRE

Un malheur?

VERA

J'ai été plus malade... Il a fallu me soigner...

Comment cela, vous soigner ?

VERA

Vous ne devinez pas ?... Eh bien... on adûm'emmener...

SARTERRE

Qui ? Où vous a-t-on emmenée ?

VERA, même jeu.

Dans une grande maison, au milieu d'un parc... On m'y a gardée un an et demi.

SARTERRE, Irès ému.

Vous avez été enfermée ?... Enfermée dans un asile d'aliénés?

VERA

En vous demandant ce que j'étais devenue, vous n'avez jamais soupçonné la vérité ?

SARTERRE, se détoumanl.

Une fois, récemment. . . cette pensée m'est venue... Mais je l'ai écartée...

VERA

Pourquoi ?

SARTERRE

Elle m'était trop pénible... Je n'avais pas le courage deTenvisager. Il faut que je Paie, maintenant, il faut bien que je l'aie... (Un temps.) Dites-moi, Vera, combien de temps après notre séparation ce malheur est-il arrivé?

VERA

Trois ou quatre mois.

SARTERRE

Les médecins ne lui ont attribué aucune cause particulière ?

VERA

Pourquoi me demandez-vous cela ?

SARTERRE

C'est d'une grande importance pour moi, Vera. Tachez de vous rappeler ce qu'ils ont dit.

VERA

Ils ont dit que j'avais toujours dû être prédisposée... Ils m'ont questionnée sur ma vie... L'un d'eux m'a demandé si personne ne m'avait opprimée, persécutée...

SARTERRE, Qvec accablemenl .

Ah I... Et qu'avez-vous répondu?

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