‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 171 sur 186 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

VER A

J'aî répondu : « Non ».

SA^RTERRE

C'est trèsnoble^ très généreux à vous. Mais cela ne change rien à ce quifut. (in silence. Il se prend la têle dans les mains. Se relevant.) Dans cette maison, étiez-vous très malheureuse ?

Oui, certainement.

SARTERRE

Est-ce qu'on vous maltraitait ?

VERA

Non, jamais.

SARTERRE

Vous n'étiez pas enfermée dans un... (// se reprend.) dans une chambre ?... Vous n'étiez pas prisonnière ?

VERA

Non, je pouvais me promener dans le parc.

SARTERRE

Sans surveillance ?

VERA

Cela dépendait des jours. Quand j'étais calme, je sortais sans ma garde.

SARTERRE

Dans un parc entouré de murs...

VERA

On ne les voyait pas de partout... Il y avait un endroit très désert, sous les arbres, le petit cimetièreoù l'on mettait les malades morts dans l'asile... J'allais souvent m'asseoir là ; j'y restais de longues heures, à réfléchir.

Sur quoi ?

VERA

Sur moi-même... Sur tout le mal qui était en moi... Je me suis comprise très profondément, dans ces moments-là... Je me suis pardonnée.

SARTERRE

Qu'aviez-vous à vous pardonner ?

VERA

Le mal que j'ai voulu jadis, le mal que j'ai fait... Il a pesé bien lourdementsur moi. Mais j'ai fini par comprendre que ce n'était pas moi qui le voulais, pas moi qui le faisais. Chaque mauvaise action m'était soufflée à l'oreille... J'en étais innocente.

SARTERRE, /zoc/za/î/ la têle.

Cette pensée-là ne soulage pas.

VERA

Si, un peu.

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