SCÈNE VIII
SARTERRE, THÉRÈSE^ FANÈRES.
SARTERRE, appelant.
Viens, Thérèse. Entrez aussi, Fanères.
(Ils entrent. La nuit est tout à fait tombée. Thérèse porte une lampe qu'elle dépose sur le guéridon.)
ACTS III 3Ȕ
THÉRÈSE
Elle est partie ? Que voulait-elle ?
SA'RTE'RRE, profondémeni absorbé.
Elle voulait que je l'aide à mourir.
THÉRÈSE, Iréssaillanl.
Comment ?
Elle a été folle... Enfermée... Un an et demi... Elle sent qu'elle redevient malade... et elle préfère la mort à l'obscurcissement. Il est terrible de se sentir responsable d'un pareil malheur.
THÉRÈSE, inquiète.
Ne te bouleverse pas ainsi, mon chéri»
SARTERRE
Ah, j'ai reçu un choc, un de ces chocs ! Peutêtre celui que tu m'avais prédit. Et je ne me suis pas défendu. Je me suis laissé rouler par cette vague... Amertume, pitié... amour... (A Fanères.) Ah, surtout, ne croyez pas que je m'admire de compatir à sa souffrance. Si je pouvais recracher ce poison!... Mais je ne peux pas. Voilà le monstre qui achèvera de m'étouffer.
THÉRÈSE
Tu n'aurais pas dû la laisser partir. Que peuton faire pour elle ?
SARTERRE
Il faut essayer de la sauver. Je n'ai pas encore réussi. Je dois la revoir demain. Si je pouvais la décider à revenir loger ici, tu n'y mettrais pas obstacle ?
THÉRÈSE
Dieu non, la pauvre petite !
SARTERRE
Ensuite, il me semble qu'un voyage^ un long voyage...
Nouspourrions l'emmener dans le Midi.
SARTERRE
Plus loin... plus loin... Tu comprends, il faut la contraindre à oublier cette période de sa vie... Les Indes, les Indes, peut-être...
(Il s'arrêle brusquemenl, ferme les yeux, appuie la main sur son visage el resle un moment immobile, les traits contractés. )
THÉRÈSE, s'approchant de lui.
Qu'est-ce que tu as ?
SARTERRE, Irès ungoissé, rouvrant les yeux el désignant la porte de droite.
Ouvre cette porte.
THÉRÈSE
Pourquoi faire ?