ACTE III
luraent fraîches, jeunes, nouvelles, je crois que je l'aimerais, celui-là... Mais il n'existe pas î
SARTERRE
Qu'en sais-tu ?
Non, pas toi, mon pauvre Michel! Tu ne peux pas me dire de paroles nouvelles... Tu veux m'éviter la mort, te dévouer à moi, pour soulager ta conscience... Est-ce donc si nouveau ? ... Quant à l'amour ?...(Elle éclale brusquemenl de rire.) Nous lui avons trop bien tordu le cou, autrefois î Nous l'avons trop bien enseveli dans la boue, le chérubin... Il ne renaîtra pas entre nous î... Il ne renaîtra plus jamais ! Ni pour toi I Ni pour moi î {Elle se lève,)
SARTERRE
Qu'est-ce que tu vas faire ?
VERA
J'attendrai que le courage te revienne.
SARTERRE
Ce courage-là, jamais!
VERA
Etrange, méchante pitié !... qui n'ose pas mettre fin à la souffrance. {Avec désespoir.) Ah, si pendant un instant, rien qu'un instant, je pouvais être moins lâche I
âdO UNE VIE SECRETE
SARTERRE
J'irai te voir demain, Vera.
VERA
A quoi bon ?
J'y tiens. J'ai des projets, tout un plan d'avenir à te soumettre. Où habites-tu ?
VERA
Dans une pension* Rue des Écoles, 25. (// sort gauchement un carnet de sa poche et note l'adresse. Elle le regarde faire en riant doucement,) Je t'aimais mieux cruel que bon. Les remords ne te vont pas, mon pauvre Michel. Ils te rendent presque ridicule. Regarde-toi : tu asl'air d'une vieille femme.
SARTERRE
A demain.
(Elle fronce les sourcils, à ces mots et sort rapidement à droite. Sarterre la reconduit, rentre aussitôt, traverse la scène et ouvre la porte de gauche.)