SCENE XI
THÉRi^SE, FANKRES entre par la droite.
THÉRÈSE, allant à lui.
Je suis contente que vous soyez remonté. Michel m'inquiète.
FANÈRES, 1res ému.
Mieux vaut qu'il ne soit pas descendu... C'est épouvantable. Où est-il ?
THÉRÈSE
Là... Il pleure... Il dit qu'il veut lui parler. Je suis inquiète. {On enlend, venanl du cabinet de travail, quelques accords sombres el lenls, plaqués sourdement sur le piano. Thérèse et Fanères se lèvent et écoutent. Silence.) C'est pour elle qu'il joue... Elle est auprès de lui... (La musique reprend ; des accords plus clairs, plus sonores, d'où se dégage une phrase douloureuse, suppliante. Thérèse el Fanères se rapprochent insensiblement de la porte de gauche. Ils écoulent dans un grand recueillement.)
FANÈRES
Que joue-t-il là ?
THÉRÈSE
Je ne sais pas. Il improvise... Voilà deux ans que je n'ai rien entendu de pareil... (Ils écoutent de nouveau. Les phrases sombres et angoissantes du début se sont définitivement éclaircies, en thèmes chaleureux qui naissent, se perdent, renaissent, se développent, s'amplifient, s'exaspèrent.) Il est sauvé !
FANÈRES
Oui. La mort a fait de la vie. C'est toujours le même miracle.