ACTE l
JEANNE
Je IVoIs !... Je IVois !... Guette, mon fîou !... Là... là... suTtournant.
AMÉ
Ouai... ouai...
LE GRAND-PÈRE, apparaissant à la fenêtre du chalet.
C'est-y Pierre ?
JEANNE
Je savais bien qu'y nous ferait pas langui
AMÉ
Y porte quèque chose.
C'est une dépouille.
AMÉ
Il a tué un chamois.
JEANNE, au grand-père.
Qu'est-ce que t'en dis ?
LE GRAND-PÈRE
Je dis comme le proverbe :
« Qui chasse deux gibiers « Usera quatre souliers. »
{Le grand-père referme la fenêtre.)
AMÉ
Le v'ià !... {Appelant.) Hoé-ho ! Hoé-hoî
PIERRE, apparaissant en haul du senlier,
Hoé-ho ! Hoé-ho ! ho !
(Il dévale rapidement jusqu au chalet. Il porte sur son dos la dépouille d'un chamois de crrande taille. Ses rudes vêtements sont
souillés de terre. Il n'a pas de fusil, mais an piolets)
JEANNE
Arrive, mon poulain î Le vieux te croyait péri.
PIERRE
Pas si tôt, mère, pas si tôt...
T'es tout pâle, tout déchiré!
PIERRE, fichant son piolet en terre.
Ah ! j'ai embrassé des cailloux depuis trois jours.
JEANNE, palpant la dépouille.
Beau coup de fusil, ma foi. V'ià un riche manteau pour l'hiver î
AMÉ
Et la Dent Rouge ? Tu n'en dis rien ?
PIERRE
On l'aura, c'te carcasse !
AMÉ, joyeux.
Bien travaillé, mon fiou !