‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 43 sur 186 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

JORAS

Je t'appelle lâche, et fesses-creuses, et bras de papier !

PIERRE, enlevant sa veste.

C'est vous qui l'aurez voulu.

CLAIRE, s^ interposant.

Non, non ! Vous n'allez pas vous battre !

JORAS, la repoussant rudement et la frappant.

Toi, v'ià la monnaie que tu recevras pour tes paroles !

PIERRE, furieux.

l'en recevras de la même, Joras !

JORAS

Jette ton coutet !

Et toi, le tien.

(Ils jettent leurs couteaux, marchent à la rencontre Van de Vautre et s'empoignent.

Joras fait d'abord reculer Pierre sous l'impétuosité de son attaque, mais celui-ci regagne bientôt le terrain perdu.)

CLAIRE

xMon Dieu î Mon Dieu î N'avez-vous pas honte ? (Pierre cherche à soulever Joras de terre et à lui faire perdre pied. Joras, de ses bras puissants, étreint à le broyer le torse du Jeune homme. On les entend haleter. A la fin, Joras perd Véquilibre et est renversé brutalement sur le flanc.)

PIERRE

T'as donc plus de jambes?

JORAS, halelanl.

Les bras sont bons I... Les bras sont bons î... (Il cherche à faire rouler Pierre sur le dos ely loul à coup, le mord à la main, a'jec rage.)

PIERRE, dans un cri.

Ah ! Desserre tes crocs ! (Il dégage sa main, retourne Joras d'un violent effort et Vétend sur le dos. Le vieillard gémit et gronde.) Te ^'là sur la dure, Joras !... Tu peux faire l'ours, tu ne remonteras pas sur tes pieds d'homme avant de m'avoir donné ta fille. ,

JORAS, haletant.

Si tu veux d'une fille qu'est plus à moi... d'une mendiante, à qui je reprendrai tout, même sa rooe et ses soûlas, si tu veux de sa carcasse aussi dépouillée qu'une brebis à l'étal, je te la donne I

PIERRE

Je la prends.

JORAS, se relevant.

Alors, faut que tu saches ce que t'as pris. Sa mère... était souillon dans une auberge de Santa- Féî

CLAIRE, bouleversée.

Ce n'est pas vrai !

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