TOUS
Bravo... Hé, le vieux!... Vas-y !... Hardi!... (La danse s'accélère. Tous frappent le sol à grands coups de lalon. Les trois vieilles sautent avec une frénésie sauvage, secouant, désarticulant leurs corps sans souplesse. Le grand-père, chancelant, trébuchant, esquisse les entrechats. Le joueur de vielle frappe la mesure avec son pied.)
LE VIEUX RALUD
Hé, mère Gaillard... laisse pas tomber ton goitre !
LA FILLE RALUD
Plus vite, vielleux!
LA FILLE JACQUEROD
Plus vite ! Plus vite î
RIBIËRS
Guettez !... Guettez le vieux î
{Le vielleux accélère encore le rythme, trépignant, debout sur la table. Le Bienheureux entre à son tour dans la danse. Les cris des danseurs, la pénombre dans laquelle ils s^agitent furieusement, la hideur difforme des deux vieilles femmes, les bonds désordonnés, la mimique démente du Bienheureux donnent à la scène le caractère inquiétant d'une hallucination. Sans cesser d'appartenir à la vie réelle, les personnages prennent pour un moment un aspect fantas-