ACTE III
PIERRE
Faut pourtant bien.
CLAIRE
Ah, épargne-moi cette épouvante, je t'en prie I
^JL PIERRE
Rien à faire ! Avec une pareille épaisseur de neige... et la terre dure comme elle est... faudrait [ vingt hommes pour creuser une fosse.
CLAIRE
Eh bien, qu'on demande à ceux de la Pierre- Pourrie.
PIERRE
Les hommes, on les trouverait, mais...
CLAIRE
Mais quoi?
C'est la mère qui ne voudra pas... la mère... et puis Amé...
CLAIRE
Pourquoi ?
PIERRE
Ils ne voudront pas changer la coutume I
CLAIRE
Qu'est-ce que ça peut leur faire ?
PIERRE
Y a une croyance, chez nous... Si on change la coutume, il arrive sûrement un malheur dans la maison... Tout le monde le croit, à la Piarraz.
CLAIRE
PIERRE
CLAIRE
Pas toi ?
Moi ?... Non.
Alors, détrompe-les.
PIERRE
Ce serait peine perdue.
Tu ne veux même pas essayer ?
PIERRE
Je connais la mère... On peut lui parler deux jours de temps... elle ne bougera pas de son idée.
CLAIRE
Pierre, ne mens pas. Cette idée est aussi la tienne, n'est-ce pas? Tu as peur, toi aussi, qu'un malheur n'arrive ? (Silence,) Ai-je deviné ?
PIERRE, embarrassé, lourdemenî.
Cette coutume-là, tu ne sais pas... elle est plus vieille que la croix... Depuis des centaines et des centaines d'années, depuis qu'on vit et qu'on meurt dans le pays...