‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 91 sur 186 · ACTE IV H · texte numérisé non relu

ACTE IV H

JEANNE, inveclivant Claire au milieu de ses larmes.

C'est toi, maudite, qui lui as pourri la raison, avec tes sortilèges ; tu mériterais que je te crève la gorge I

(Elle se jelle sur Claire que le curé protège.)

LA VIEILLE JACQUEROD

Sûr, qu'elle est cause de sa perte, l'embarneuse !

LA FILLE JACQUEROD

Sorcière, poison !

JEANNE

Assommez-la, mais assommez-la donc, vous autres !

LE CURÉ, maîtrisant Jeanne.

Gare au premier qui la touche I

LE DEUXIÈME CHASSEUR

Il a raison, le mangeux de Bon Dieu. Si vous la touchez, elle vous donnera sa puissance.

LA VIEILLE JACQUEROD

Sa puissance tient à la terre. Faut la pendre à une perche et l'étouffer dans les airs.

FOURÏIER

Pas tant d'histoires; brûlez-la donc comme une vieille chouette et tâchez de ne pas renifler sa fumée.

{Le curé a ramassé le pistolet oublié par Jeanne sur une pierre. Il en menace les chasseurs.)

LE CURÉ

Tout curé que je suis, je vous tire dessus, si vous approchez.

JEANNE

C'est bon î (A Claire,) Tu ne perdras rien pour attendre, assassine !

LE CURÉ

Allez-vous en, tas de sauvages !

(L'Innocenle a pris un fusil el le dirige contre les paysans qui sortent en rechignant sous la menace.)

LES PAYSANS, sortaut.

Embarneuse ! Américaine I Ouai, ouai. C'est une envoûteuse.

DEUXIÈME CHASSEUR

Misère de temps, où les curés protègent les sorcières !

FOURTiER, montrant le poing au curé.

Et dire qu'y a trois cents ans, nous l'aurions brûlée ensemble !

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