L^ACOLYTE
Oui. Mais si vous allez trop doucement, ces genslà ne feront plus de séances. Voilà deux mois qu'ils attendent une matérialisation. Il faut bien finir par leur montrer quelque chose.
LE MÉDIUM
Tant que ce maudit pharmacien sera là, nous ne pouvons pas risquer de matérialisation !
l'acolyte Pourquoi donc? Croyez-vous que j'en aie peur, moi, de ce malin-là ? {Désignant son paquet.) J'ai mes mousselines. Je grimperai sur la gouttière et je ferai une matérialisation derrière la fenêtre. Il pourra gratter ses allumettes, il n'en verra pas plus que les autres.
le MÉDIUM
Je sens que, ce soir, il vaudrait mieux nous borner à la clochette astrale. Et encore, si tout va bien! Tu l'as emportée?
l^acolyte, faisant la moue.
La clochette astrale n'impressionnera pas. Il y a toujours quelqu'un pour dire qu'on a sonné à la petite porte, ou dans les étages.
LE MÉDIUM
Tant pîsy'^c'est moins risqué.
l'acolyte, avec reproche.
Ah, maîtresse, maîtresse!
LE MÉDIUM
Que veux-tu, j^ai peur.
l'acolyte
Et dire que Pan derniçr, à Boston, je faisais le fantôme chaque soir, au milieu du salon I On me photographiait dans mes voiles de mousseline et mon cliché passait sur tous les écrans d'Amérique !
LE MÉDjuM, amçremeni.
Moi, j'en ai la nausée, des séances de Boston. Ce n'est pas ce temps-là que je regrette ; c'est celui de Madras où, sans fils, sans tricheries, sans compère, je soulevais les tables à un mètre du sol, rien qu'en les regardant. Il y a dix ans que je n^ai pu réussir une lévitation. Je n'ai plus de force. Les esprits m'ont abandonnée.
l'acolyte, hanssani les épaules.
Ne me parlez pas d'esprits, miss Barnes î
le médium, lapcnl du pied.
Ils existent, vieux sceptique I Ils se servaient de
moi! Ils habitaient mon corps... Et s'ils reviennent
un jour, je te montrerai des choses qui te feront
jaunir de peur, tout jaune que tu sois de naissance!
l'acolyte, insinuant.
En attendant, vous ne voulez pas que je leur montre un peu Samiri ?... ou un des maîtres thibé^