ACTE IV
LE FANTOME DE LA MÈRE
Mais oui, mon petit. Comme tout le monde.
l'homme Et toi aussi, mère, je t'ai bien aimée ?
LE FANTOME DE LA MÈRE
Naturellement. Quel est Tenfant qui n'aime pas sa mère ?
L^HOMME
Je n'ai pas été méchant, avec toi ? Je ne t'ai pas torturée I
LE FANTOME DE LA MÈRE
Torturée ? Que vas-tu chercher là ? Tu étais un peu difficile, de temps à autre... comme tous les enfants.
l'homme
Et Patrice ?
LE FANTOME DE LA MÈRE
Patrice ?
l'homme
Oui. Ce n^est pas vrai non plus, ce qu'elles prétendent ? Elles disaient que...
LE FANTOME DE LA MÈRE
Chut I Pourquoi t'inquiéter de ce que disent des femmes jalouses ? Chacune d'elles voudrait posséder exclusivement ta tendresse... Il est bien naturel, pourtant, d'avoir de l'affection pour un camarade de collège ! C'est bien innocent !
l'homme, rassuré.
Ah?
LE FANTOME DE LA MERE, Ic dorlolaul.
Es-tu bien, comme cela, dans mes bras ?
l'homme Oui, mère. {Un silence apaisé, puis, il s^agile,) Je voudrais savoir...
LE FANTOME DE LA MÈRE
Quoi, mon chéri ?
l'homme J'ai oublié... Il y a quelque chose que je voulais savoir, avant de mourir...
LE FANTOME DE LA MERE, SOUrianl.
Tu ne vas pas mourir. Tu vas t'endormir contre moi, comme autrefois.
l'homme, s'agilanl.
Je veux savoir...
le FANTOME DE LA MERE
Ne te tourmente pas... Ne pense à rien... Dors.
l'homme Savoir...
(// meurl. Le fantôme disparaît,)
RIDEAU
A MON Père.
Pièce en trois actes
représentée pour la première fois
au Studio des Champs-Elysées, le 16 octobre 192^.
{Direction Gaston Baty.)