ACTE
La véranda de la résidence de Kadiéso. Un espace couvert par un toit de paille en auvent, reliant les parties habitables de la résidence. Le toit, qui occupe toute la largeur du théâtre, descend jusqu'à hauteur d'homme. Il est soutenu en son milieu par deux montants de bambou, entre lesquels on passe pour entrer dans la véranda. A droite et à gauche, le toit est accoté aux murs en pisé de la résidence. Ces murs sont percés de deux portes basses donnant sur des pièces complètement obscures, A droite, c'est le logement de Rougé; à gauche, celui des Le Cormier, Une clôture basse, en ferre sèche, sépare la véranda du dehors. Par l'intervalle entre cette clôture et la partie inférieure du toit, et aussi par l'entrée qui est fort large, on découvre un espace mal défriché, oii court, parmi les broussailles, un sentier de nègres, sinueux à l'excès, qui se dirige vers la gauche, A peu de distance en arrière, et sur toute la largeur de la scène se dresse, menaçant, obscur.
impénélrahle, le mur de la forêt. C'est une vague végétale de fûts colossaux et de lianes géantes. La lumière implacable qui embrase Vespace défriché et prend d'assaut la véranda, contraste avec l'ombre épaisse des sous-bois.
Pour se défendre contre la lumière, on a tendu, entre le loil et la clôture, des étoffes de traite. Au lever du rideau, on ne voit donc rien au dehors et la guinée tamisant le soleil fait régner dans la véranda un demi-Jour bleuâtre. Deux hamacs sont fixés aux montants de l'entrée et aux murs. Près de Ventrée, une calebasse pleine d'eau. A gauche, une caisse qui sert de table porte des verres. Deux chaises longues en bambou, rusliquement fabriquées sur place par les résidents. Accrochée au mur de gauche, une cage oii s'agite un ouistiti:
Il est trois heures d'une brûlante après-midi de la saison des pluies.
Au lever du rideau. Le Cormier est endormi dans un hamac. Mme Le Cormier se tient à l'entrée de la véranda. Elle regarde au dehors.