‹ Théâtre complet (volume 5)Chapitre 2 sur 68 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

La salle commune d'une maison bretonne que les propriétaires ont aménagée pour une location estivale. Une grande pièce basse aux murs de pierre peints en blanc. Aux premiers plans droite et gauche, portes conduisant aux chambres. Au fond, à droite, porte à deux panneaux superposés, ouvrant sur l'extérieur. Quand le panneau du haut est ouvert, on voit une maisonnette de pécheur, toute blanche avec un pâle hortensia qui vient presque à la hauteur du toit, et, derrière un muret blanchi, la mer. Au fond, milieu, par une fenêtre cintrée ouvrant dans Pépaisseur du mur, on voit aussi la mer et, vers la gauche, une haute cheminée de pierre grise- Entre la porte et la fenêtre, une table paysanne couverte de livres et de manuscrits. Devant Vôtre, des sièges bretons. A droite, un buffet de chêne ciré. A gauche, une table pliante appuyée

i L'AMOUR MAGICIEN

au mur. Des deux côtés de la fenêtre, des sièges creusés dans Vépaisseur de la pierre et garnis de coussins de cuir. Au mur du fond, une gravure du début du XIX^ siècle, représentant un naufrage ; une pendule à balancier dans sa haute demeure de chêne. Au lever du rideau, c'est la fin d'une belle journée de septembre. Albert Carolles est seul en scène. Il arpente la pièce dans un sentiment d'agitation douloureuse qu'il essaye de maîtriser. Il s'arrête devant la table et feuillette un manuscrit. La pendule sonne sept heures. Il reprend sa promenade. En passant devant la fenêtre, il prend un livre posé avec plusieurs autres sur le rebord de pierre. Un pêcheur remonte la rue. Albert Carolles Va vu. Il va à la porte, dont le panneau supérieur est ouvert. Le pêcheur s'arrête devant lui.

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