ACTE I
BÉATRICE
Les préparations ne le peuvent pas.
ALBERT
Il faudra bien qu'elles attendent. Nous ne ferons pas grand'chose, tant que les miens seront auprès de moi.
BÉATRICE
Si vous le permettiez... (Se ravisant, avec une nuance de dépit.) Non. C'est impossible.
ALBERT
Quoi donc ?
BÉATRICE
J'allais vous proposer de résumer la traduction du sanscrit. Cela vous aurait beaucoup avancé. Mais j'en suis incapable. Jamais je ne m'en suis tant voulu qu'aujourd'hui de ma sottise.
ALBERT
Vous n'avez rien à vous reprocher. C'est ma faute, si vous n'avez pas fait de progrès plus rapides.
BÉATRICE
Votre faute ?
Oui. Je vous ai imposé des travaux trop disparates. La biologie, la science du Moyen Age, les doctrines hindoues... Un esprit plus mûr que le vôtre n'aurait pas assimilé ce chaos... Ne prenez
pas mes recherches plus au sérieux que je ne les prends moi-même. Allez vous promener, mon enfant.
BÉATRICE
11 vaut mieux que j'aide Anna.
ALBERT
Ce n'est pas votre aflaire.
BÉATRICE
Hélas, je peux lui rendre plus de services qu'à vous î Elle est un peu troublée par l'arrivée de votre famille. {Elle va pour sortir à droite. A la porte .•) Il faut pourtant que son dîner soit réussi I
{Elle sort.)