ACTE m
ANNA, obéissant.
Elle a peut-être moins besoin d'air que d'un bon exorcisme. Voilà ce que je pense.
ALBERT
Quoi ?
ANNA
Y en a plus d'un, dans cette île, à commencer par M. le Recteur, pour croire que le diable n'est pas étranger à ce qui se passe dans votre maison monsieur Carolles.
ALBERT, irrité.
Allez donc chercher de l'eau. (Anna sort à droite. A Béatrice, lui soulevant la tête.) C'est fini, Béatrice. Voilà l'air de la mer qui entre. Essayez de respirer.
ANNA revient, apportant un bol et un flacon. Tâchez de lui faire avaler une gorgée d'eau. Moi, je vais lui baigner les tempes avec du vinaigre.
{Albert s'efforce de faire boire Béatrice, pendant qu^Anna lui humecte le front.)
ALBERT
Elle ne peut pas boire.
ANNA, touchant les mains de Béatrice.
Mais, monsieur Carolles... Ses mains sont déjà toutes froides. (Tâtant la place du cœur.) Et son cœur...
ALBERT
Anna, ce n'est pas possible? Elle ne va pas... Appelez quelqu'un... Allez chercher du secours 1
ANNA se lève, coari à la porte et fait des signes au dehors.
Hé, là-bas, venez vite I
ALBERTj penché sur le visage de Béatrice.
Mon amour... Tu me vois?... Tu m'entends^ n'est-ce pas ?
{Béatrice fait un effort pour parler. Elle sourit vaguement. Ses yeux se ferment. La femme Quémer paraît à la porte.)
ANNA
Entrez, mère Quémer. Vous pourrez peut-être nous aider, vous ! (La femme Quémer entre.) Monsieur croit que c'est des étouffements qui là tiennent. Moi, j'ai idée qu'y a aut' chose 1
LA FEMME QUÉMER, regardant Béatrice et hochant la tête.
C'est pas des étouffements, monsieur Carolles... C'est votre défunte femme qui l'étrangle.
ALBERT
Taisez-vous donc 1
LA FEMME QUÉMER
Elle savait bien comment ça finirait, la pauvre