SCÈNE PREMIÈRE CLOTILDE, LAFONT
-Au lever du rideau, la scène est vide. Clotilde habillée, gantée, son chapeau sur la tête, entre par le fond, précipitamment. Elle tient une lettre fermée à la main. Elle va à la table, lève le buvard et cache la lettre dessous. Elle gagne le meublesecrétaire, tout en tirant un trousseau de clefs de sa poche. Lafont paraît à ce moment. Il la voit là. Elle fait mine de fermer le secrétaire à triple tour. Lafont dépose son chapeau •et s'avance sur Clotilde, très ému, en se dominant avec peine.
LAFONT
Ouvrez ce secrétaire et donnez-moi cette lettre.
CLOTILDE
Non.
Un temps.
LA FONT
Ouvrez ce secrétaire et donnez-moi cette lettre.
CLOTILDE Je ne le veux pas. •
Un autre temps plus long que le premier.
LAFONT D'où venez-vous ?
Ah ! C'est autre chose maintenant.
LAFONT
Oui, c'est autre chose, je vous demande d'où vous venez.
CLOTILDE
Je vais vous le dire. Je voudrais que vous vous regardiez en ce moment pour voir la figure que vous me faites. Vous n'êtes pas beau mon ami. Vous me plaisez mieux dans votre état ordinaire. Où ironsnous, mon Dieu, si vous perdez toute mesure pour un méchant billet que le premier venu peut-être m'a adressé ?
LAFONT
Ouvrez ce secrétaire et donnez-moi cette lettre.
CLOTILDE
Vous allez l'avoir... Vous devez penser que des scènes comme celle-ci, si elles se renouvelaient fréquemment, me détacheraient bien vite de vous. Je ne