‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 124 sur 169 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LAFONT

Pas mal. Et toi ?

DU MESNIL Peuh ! je ne suis pas bien gaillard en ce moment..

LAFONT Qu'est-ce que tu as ?

Je travaille beaucoup et ma santé s'en ressent.

LAFONT On se repose alors.

DU MESNIL Il faut du temps et de l'argent pour se reposer.

LAFONT De l'argent, tu en gagnes.

DU MESNIL Je le reçois d'une main et je le donne de l'autre.

LAFONT C'est amusant, ça.

DU MESNIL C'est amusant... quand on est garçon.

CLOITLDE

As-tu bientôt fini de te plaindre, hein ? Crois-tu que tu intéresses M. Lafont et que tu me fasses plaisir ? A quel propos toutes ces lamentations ? Tu.

manges bien ; tu dors bien ; je ne connais pas de mari qu'on dorlote comme toi. Tu travailles ! Sans doute, tu travailles ! Tout le monde travaille \ Si j'étais à ta place, je ferais quatre fois plus de besogne et j'en parlerais quarante fois moins.

DU MESNIL

Elle est superbe, ma femme ! On ne sait pas, mon cher, ce que c'est qu'une maison comme la mienne, où les charges augmentent tous les ans et où les habitudes deviennent plus coûteuses tous les jours.

Tu continues ?

DU MESNIL

Laisse-moi parler un peu. Je ne vous ai pas déran- -gés tout àl'heure. Assieds-toi et prends ton ouvrage, puisque tu es si laborieuse. Jette un coup d'œil sur les culottes de tes enfants, ça ne fera pas mal ; ces .pauvres petits ont toujours leur postérieur à l'air.

CLOTILDE Je les gâte trop.

DU MESNIL Mais tu ne les raccommodes pas assez.

CLOTILDE La femme de chambre est là pour ça.

DU MESNIL Nous sommes logés aussi modestement que possible, je paye très cher pour vivre dans une prison. -Les domestiques aujourd'hui ne se contentent plus de

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