‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 137 sur 169 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LAFONT, CLOTILDE, derrière la porte.

LA FONT Je suis entré, je ne sais pas pourquoi je suis entré, c'est encore une sottise que j'ai faite... Il faut me calmer et prendre mon P3*ti d'une séparation nécessaire... On ne peut pas, à Paris, conserver une maîtresse un peu convenable, ce n'est pas possible. Plus elle est convenable et moins on la conserve... J'aurai une explication avec Cîotilde, une explication sanglante ! ce sera plus gentil de ma part, et je la quitterai définitivement. Je m'agite, je cours, je la cherche à droite pendant qu'elle s'échappe à gauche, à quoi bon? Qu'est-ce que j'apprendrais de plus?... Elle est la maîtresse de ce M. Mercier, c'est clair comme le jour. Depuis quand ? Quel avantage auraisje à le savoir ? Pourquoi ? Ah ! Pourquoi ? Je serais bien embarrassé de dire pourquoi. Elle ne l'aime peut-être pas, c'est une consolation... Qu'est-ce que

je vais faire ? Si Adolphe était là au moins, nous aurions fini la journée ensemble. C'est vrai. Quand le cœur me manque et que Clotilde m'a mis sens dessus dessous, c'est encore avec son mari que je me trouve le mieux. Je me sens moins seul. La position d'Adolphe me console un peu de la mienne ; elle est moins bonne ; certainement elle est moins bonne. Si Clotilde ne me doit rien après tout, elle a de bien grands torts envers son mari... Je suis bien fort pour juger sévèrement sa conduite, quand je me mets à la place de son mari... Quelle désolation ! Je me trouve tout d'un coup isolé, sans un lien, la mort dans l'âme, devant une situation des plus vulgaires et que je vais creuser indéfiniment ! Allons, les hommes ne sont guère heureux ; célibataire ou cocu, il y a bien peu de choix.

CLOTILDE

Tant pis, je me montre. Je saurai toujours ce qu'il me veut.

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