ACTE DEUXIEME 2-|I
trouviez, vous, quand je condamne ma porte et qu'on vous le dit sur tous les tons. Voilà comme vous me remerciez de mon indulgence ! Vous ne savez plus qu'inventer pour me déplaire et je me laisse aller chaque fois à vous pardonner.
LA FONT C'est votre faute !
CLOTILDE
Oh ! ne recommençons pas, je vous en prie. Pas de scène aujourd'hui, pas de scène ! Je ne m'y prêterais pas d'ailleurs. Aviez vous une raison au moins, un prétexte, quelque découverte bien terrible et que vous ne pouviez pas garder plus longtemps?
LAFONT
J'ai craint, je vous l'avoue, que vous ne fussiez souffrante.
CLOTILDE
C'est très gracieux de votre part. Vous m'avez vue,.
VOUS êtes rassuré (elle lui montre la porte en imitant le vol. d'un oiseau avec la main), envolez-VOUS.
Un temps.
LAFONT Vous sortez ?
CLOTILDE
Il me semble que je sors. Je n'ai pas l'habitude de me promener avec un chapeau dans mon appartement.
LAFONT
Vous êtes pressée ?
CLOTILDE
Je suis en retard.
LAFONT Nous ne décidons rien.
CLOTILDE Qu'est-ce que cela veut dire ?
LAFONT
Je pensais que nous dînerions ensemble, si je suis toujours l'amie de pension.
CLOTILDE
Il n'y a plus d'amie de pension, ni pour vous ni pour personne. J'si réfléchi que ces escapades dans les restaurants avaient toutes sortes d'inconvénients. Elles m'entraînent dans des mensonges qui me révoltent et que je ne veux pas continuer... Est-ce que je n'ai pas raison ?
LAFONT Ne me demandez pas ce que je pense.
CLOTILDE
Vous m'en voulez ?
LAFONT
Je m'attends à tout maintenant.
C'est toujours le plus sage, on n'a pas de déceptions de cette manière.
Un temps.