‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 157 sur 169 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

nous nous laissons entraîner toujours ; que nous rencontrons des maladroits qui ne nous aiment pas comme nous le voudrions, ou des ingrats, ce qui est pis, qui n'ont de l'estime et de l'affection que pour eux-mêmes ! Vous avez raison, du reste. Le plus sage serait de ne connaître ni les uns ni les autres ; de se fermer les yeux ; de se boucher les oreilles ; de se dire courageusement : ta place est là, rertes-y. La vie ne serait peut-être pas très drôle ni très palpitante, mais on s'éviterait bien des tracas, bien des déceptions et bien des regrets.

Qu'avez-vous?

Laissez.

Vous pleurez ?

SIMPSON

CLOT1LDE

SIMPSON

CLOTILDE Et bien sincèrement, je vous l'atteste.

SIMPSON Pourquoi pleurez- vous, ma chère?

CLOTILDE

Est-ce qu'on sait ? Il y a un peu de tout dans les larmes d'une femme.

Je serais désolé que mon départ...

CLOTILDE

Non. Ne vous faites pas plus coupable que vous

ne l'êtes. On se rencontre, on se plaît, on se sépare, c'est l'histoire de tous les jours. Mais, messieurs, vous êtes bien accommodants pour obtenir nos bonnes grâces, et bien sévères quand nous vous les avons •accordées. Allons ! Il faut que j'appelle mon mari, qui nous laisserait ensemble jusqu'à demain avec sa bonne foi et cette sublime ignorance de toutes nos folies. (Lui tendant la main.) Dites-moi adieu. Gardez de ces cinq mois un bon souvenir, c'est tout ce que je demande. Gardez-le pour vous seul, comme vous le devez et comme je peux y compter de votre part. C'est à vous que nous devons d'avoir réussi dans ce que nous désirions, mais le service n'est venu qu'après la faute, et il n'était pas nécessaire. Si vous voulez un jour, en passant, me serrer la main, vous connaissez maintenant la maison où vous avez fait tout ce qu'il faut pour y être bien reçu.

SIMPSON

Vous êtes cl/armante.

CLOT1LDE

Je le sais. (Elle le quitte et va à la porte de droite.)

Voyons, Adolphe, tu as assez fumé. Tu finiras tes journaux une autre fois. Adolphe, m'entends-tu ? M. Simpson prend son chapeau, lève-toi tout de suite, si tu veux descendre avec lui. (Revenant.) Mon mari vient.

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