‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 161 sur 169 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Vous alliez peut-être sortir ?

CLOTILDE

Ma foi, non. Je sors à peine maintenant. Où dirais- je ?

LAFONT

Vous aviez du monde à déjeuner ?

CLOTILDE

Du monde, non, une personne.

LAFONT Un ami ?

CLOTILDE

Un passant.

LAFONT Vous le nommez ?

CLOTILDE, après avoir cherché.

Mon mari me l'a dit, mais je ne m'en souviens

plus.

LAFONT

Je viens de les voir partir ensemble.

CLOTILDE

Vrai ? Vous étiez là sous mes fenêtres ? Si je l'avais su, je me serais montrée un instant. C'est très gentil de votre part. Au moins vous ne m'avez pas oubliée tout de suite.

Quel était ce monsieur ?

CLOTILDE

Un passant, je vous le répète, le premier venu. Il ne peut pas vous donner de l'ombrage ; mon mari me l'a présenté ce matin et ce soir il sera parti.

LA FONT Vous me dites la vérité ?

CLOTILDE

Pourquoi vous mentirais-je maintenant ? Vous ne changez pas, vous, c'est une justice à vous rendre ! Venez ici, dans ce fauteuil, et tenez-vous-y, si c'est possible, que je ne vous voie pas marcher, remuer et vous agiter comme autrefois. Vous m'avez laissé de meilleurs souvenirs.

LA FONT

Clotilde !

CLOTILDE

Il n'y a plus de Clotilde.

LAFONT Mon amie !

CLOTILDE

Un peu de calme, n'est-ce pas, et ne nous égarons pas si vite.

LAFONT

J'ai bien regretté, allez, cette scène ridicule, que vous pouviez empêcher si facilement. Regardez-moi. M. Alfred Mercier ! (Elle rit.) Que voulez-vous ? J'étais jaloux depuis longtemps de ce M. Mercier ; tous

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