ACTE PREMIER
MADAME VIGNERON, en les présentant à Bourdon.
Mn,d de Saint-Genis ; M. Merckens, le professeur de musique de ma fille aînée. Vous nous arrivez un des premiers, monsieur Bourdon, c'est bien aimable à vous.
Bourdon s'incline.
M. Bourdon donne là un bon exemple à ses confrères qui ne se piquent pas généralement d'exactitude.
BOURDON
Oui, nous nous faisons attendre quelquefois, mais jamais à table. (S'approchant de Mme de Saint-Genis.) On m'a
chargé, madame, de bien des compliments pour vous.
M. Testelin sans doute ?
BOURDON
Précisément. Nous causions du mariage de Mlle Vigneron avec monsieur votre fils et je lui disais que j'aurais l'honneur de dîner avec vous. « Vous verrez là une femme charmante, rappelez-moi bien à son souvenir. »
MADAME DE SAINT-GENIS M. Testelin est mon notaire depuis vingt ans.
BOURDON
C'est ce qu'il ma appris, (plus près et plus bas.) Très galant, Testelin, un faible très prononcé pour les joiies femmes.
MADAME DE SAINT-GENIS, sèchement.
C'est la première fois que je l'entends dire.
Elle le quitte ; il sourit.
BOURDON, à Mme Vigneron.
Est-ce que Teissier ne dîne pas avec nous ?
MADAME VIGNERON, lui montrant Teissier.
11 est là, si vous désirez lui parler.
BOURDON
Bonjour, Teissier.
TEISSIER
Ah! vous voilà, Bourdon. Approchez un peu et ouvrez vos oreilles. (Bas.) J'ai été aujourd'hui, mon ami, à la Chambre des notaires où j'avais affaire. Le Président, à qui je parlais de mes vieilles relations avec vous, s'est étendu sur votre compte. « Je le connais Bourdon, ce n'est pas l'intelligence qui lui manque ; il est fin, très fin; il s'expose quelquefois. Nous pourrions être obligés de sévir contre lui. »
Je me moque bien de la Chambre des notaires. Ils. sont là une vingtaine de prud'hommes qui veulent donner à la Chambre un rôle tout autre que le sien. C'est une protection pour nous et non pas pour lepublic.
TEISSIER
Entendez-moi bien, Bourdon. Je ne vous ai pas.