ACTE DEUXIEME
dans les détails de sa maison ; vous lui servez de scribe au besoin.
MARIE
L'occasion ne s'en est pas présentée jusqu'ici.
TEISSIER
La voilà venue. Je ne crois pas Mm9 Vigneron capable de se débrouiller toute seule et vous lui serez d'un grand secours... Avez-vous un peu le goût des
affaires ?
Je les comprends quand il le faut.
TEISSIER
La correspondance ne vous fait pas peur ?
MARIE
Non, si je sais ce que je dois dire.
TEISSIER
Calculez-vous facilement ? Oui ou non ? Vous ne voulez pas répondre ? (La quittant.) Elle doit chiffrer comme un ange.
MARIE
Que pensez-vous, monsieur, que valent nos immeubles ?
TEISSIER
Votre notaire vous dira cela mieux que moi.
(Revenant à elle, après avoir pris son chapeau.) 11 taUCira
toujours, mademoiselle, en revenir à mes calculs. Je
sais bien ce que vous pensez : La fabrique est une affaire excellente, gardons la fabrique. Qui me dit d'abord qu'elle ne périclitera pas ? Qui me dit ensuite que vous-même, après avoir manœuvré habilement, vous ne voudrez pas la vendre pour la racheter à moitié prix ?
Que prévoyez-vous là, monsieur ?
TEISSIER
Je ne prévois que ce que j'aurais fait moi-même, si j'avais encore quarante ans au lieu de soixante et quelques. En résumé, vos besoins d'argent d'une part, mes intérêts sagement appréciés de l'autre, nous amènent à la vente de notre établissement. Sa situation est très prospère. La mort de son directeur est une occasion excellente, qui ne se représentera pas, pour nous en défaire, profitons-en. Vous n'avez pas autre chose à me dire ?
MARIE
Ne partez pas, monsieur, avant d'avoir revu ma mère ; elle est plus calme maintenant, elle vous écoutera très volontiers.
TEISSIER
C'est inutile. J'ai dit ce qu'il fallait à Mm0 Vigneron et vous êtes assez intelligente pour lui expliquer le reste.
MARIE, après avoir sonné.
Faites ce que je vous demande, monsieur. Ma mère n'a pas été maîtresse d'un mouvement d'impatience ;