SCÈNE V MARIE, puis BLANCHE
MARIE, fondant en larmes.
Mon père ! Mon père 1
BLANCHE, entrant et allant lentement à elle.
Qui était là, avec toi ?
MARIE
M. Teissier.
BLANCHE
C'est ce vilain homme que tu gardes si longtemps?
MARIE
Tais-toi, ma chérie, tais-toi. Il faut maintenant veiller sur nous et ne plus parler imprudemment.
Pourquoi ?
MARIE
Pourquoi ? Je ne voudrais pas te le dire, mais que tu le saches aujourd'hui ou demain, la peine sera toujours la même.
BLANCHE Qu'est-ce qu'il y a ?
MARIE Nous sommes ruinées peut-être.
BLANCHE Ruinées !
Marie baisse la tête ; Blanche fond en larmes, elles se jettent dans les bras l'une de l'autre : elles se séparent, mais Blanche reste encore émue et sanglotante.
MARIE
J'ai eu tort de te parler d'un malheur qui n'est pas inévitable. La vérité, la voici : je ne vois pas bien clair encore dans nos affaires, mais elles ne me promettent rien de bon. Il est possible cependant qu'elles s'arrangent, à une condition : soyons raisonnables, prudentes, pleines de ménagements avec tout le monde et résignons-nous dès maintenante passer sur bien des dégoûts.