‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 68 sur 169 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

fournisseurs se soient donné le mot. Autrefois nous ne pouvions pas obtenir leurs notes, c'est à qui maintenant sera payé le premier.

TE1SSIER

Ces gens sont dans leur droit, si ce qu'ils réclament leur est dû.

MARIE

Nous n'avons pas malheureusement la somme nécessaire pour en finir avec eux. Une somme assez importante. Douze mille francs. Consentez, monsieur Teissier, à nous les prêter encore ; vous nous délivrerez de petites inquiétudes qui sont quelquefois

plus terribles que les grandes.

Un temps.

TEISSIER Avez-vous vu Bourdon ?

MARIE Non ; est-ce que nous devions voir M. Bourdon ?

TEISSIER

Vous pensez bien que cet état de choses ne peut pas durer, ni pour vous, ni pour moi. Douze mille francs que vous me demandez et vingt mille qu'on me doit déjà, total : trente-deux mille francs qui seront sortis de ma caisse. Je ne risque rien sans doute. Je sais où retrouver cette somme. Il faudra bien pourtant qu'elle me rentre. Vous ne vous étonnerez pas en apprenant que j'ai pris mes mesures en conséquence. Ne pleurez pas ; ne pleurez pas. Vous serez bien avancée, quand vous aurez les yeux battus et les joues creuses.

Gardez donc ce qui est bien à vous, vos avantages de vingt ans ; une fillette de votre âge, fraîche et florissante, n'est malheureuse que quand elle le veut bien ; vous me comprenez, que quand elle le veut bien, (n ]a quitte brusquement, prend son chapeau et va à Mllie Vigneron. Y Votre seconde fille vient de me dire que vous aviez besoin de douze mille francs. N'ajoutez rien, c'est inutile. Vous attendez sans doute après, je vais vous les chercher.

Il sort précipitamment.

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