‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 67 sur 169 · ACTE TROISIEME II · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME II

TE1SSIER

Quelle est la plus sensée de vous trois ?

JUDITH Marie.

TEISSIER

Mlle Marie, (il ]a regarde.) Pense-t-elle beaucoup à,, se marier ?

JUDITH

Elle n'en parle jamais.

Cependant on la trouve jolie ?

JUDITH Elle est plus que jolie, elle est charmante.

TEISSIER Précisément, -(il regarde Marie une seconde fois.) Ce

n'est pas un fuseau comme la plupart des jeunes filles et ce n'est pas non plus une commère. A-telle le caractère bien fait ?

JUDITH Très bien fait.

TEISSIER Des goûts simples ?

JUDITH Très simples.

TEISSIER

Est-ce une femme à rester chez elle et à soigner une personne âgée avec plaisir ?

JUDITH

Peut-être.

TEISSIER

On pourrait lui confier les clefs d'une maison sans

inquiétude ? (Judith le regarde avec étonnement.) Qu'est-ce que fait donc Mlle Marie ? Pourquoi ne vient-elle pas causer avec moi ? (Se levant; à Judith.) Je ne vous retiens plus, mademoiselle. Allez là-bas (il lui montre Blanche.) près de votre sœur qui a l'air d'être en pénitence. (Marie s'est approchée, il la joint sur le devant de la scène.) Ce petit ouvrage que vous tenez là s'appelle ?

Une bourse tout simplement.

TEISSIER Elle est destinée ?

MARIE

A une vente de pauvres.

TEISSIER

De pauvres ? J'ai bien entendu. Vous travaillez pour eux pendant qu'ils ne font rien.

MARIE

Ma mère, monsieur Teissier, m'a chargée d'une demande qu'elle n'a pas osé vous faire elle-même.

TEISSIER Qu'est-ce qu'il y a ?

MARIE 11 semble, je vous le disais tout à l'heure, que nos

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