‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 78 sur 169 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

BOURDON

11 l'aventurait, c'est quelquefois pis.

MERCKENS

Je croyais que ce gros papa aurait laissé une fortune à sa femme et à ses enfants.

BOURDON

Une fortune ! Vous me rendriez service en m'indiquant où elle se trouve. La famille Vigneron, d'un moment à l'autre, va se trouver dans une situation très précaire et je puis le dire, sans faire sonner mon dévouement pour elle, si elle sauve une bouchée de pain, c'est à moi qu'elle le devra.

MERCKENS Pas possible 1

BOURDON

C'est ainsi, jeune homme. Gardez cette confidence

pour vous et profitez du renseignement, s'il peut vous

être utile.

Un temps.

MERCKENS, entre deux tons.

Qu'est-ce qu'on dit de ça ici ?

Que voulez-vous qu'on dise ? Toutes ces femmes ne doivent pas être gaies ?

BOURDON Ce qui leur arrive n'est pas fait pour les réjouir.

On pleure?

MERCKENS BOURDON

On pleure.

MERCKENS, allant à lui en souriant.

Rendez moi un petit service, voulez-vous? Ayez l'obligeance de dire à Mme Vigneron que je n'avais qu'une minute, que j'ai craint de la déranger et que je reviendrai la voir prochainement.

BOURDON Reviendrez-vous au moins?

MERCKENS Ce n'est pas probable.

BOURDON

Restez donc, jeune homme, maintenant que vous êtes là. Vous en serez quitte pour écouter cette pauvre femme et elle vous saura gré d'un petit moment de complaisance ; elle se doute bien que ses malheurs n'intéressent personne.

MERCKENS

Il est certain que M11,; Judith ne reprendra pas sesleçons ?

C'est bien certain.

MERCKENS

Vous ne voyez rien dans l'avenir qui puisse refaireune position à Mm(' Vigneron ou à ses filles ?

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