ACTE TROISIEME I
Ma situation n'est pas commode, vous la rendez plus difficile.
TEISSIER
Marchez toujours comme nous en sommes convenus, Bourdon, vous m'entendez ; ne vous occupez pas de ce que je fais.
BOURDON
Mlle Marie obtiendra de vous tout ce qu'elle voudra.
TEISSIER
M"e Marie n'obtiendra rien.
BOURDON
Il paraît que vous avez un faible pour cette jeune fille ?
TEISSIER Qui vous a dit cela ?
BOURDON
Sa mère.
TEISSIER
De quoi se mêle-t-elle ?
BOURDON
Préparez-vous à un siège en règle de la part de votre ingénue ; on compte sur elle, je vous en préviens, pour avoir raison de vous.
Prenez votre chapeau, Bourdon, et retournez à votre étude.
BOURDON
Soit î Comme VOUS voudrez ! (Revenant à Teissier.) Je n'attends plus, hein, et je mets les fers au feu ?
TEISSIER
Parfait ! (Rappelant Bourdon.) Ecoutez, Bourdon. Vous ai-je conté en son temps mon entretien avec Lefort ? Nous avions là, tout près de nous, un fort mauvais coucheur qu'il était prudent de ménager, n'est-ce pas vrai ? Il restera chargé des constructions.
BOURDON
Comment ! Vous avez traité avec Lefort, après cette scène déplorable où il nous a insultés l'un et l'autre ?
TEISSIER
Vous pensez encore à cela, vous ! Si on ne voyait plus les gens, mon ami, pour quelques injures qu'on a échangées avec eux, il n'y aurait pas de relations possibles.
BOURDON
Après tout, c'est votre affaire. Je ne sais pas de quoi je me mêle. Je vous ai promis les terrains, vous les aurez. Le reste ne me regarde pas. (Marie entre ; il va à elle, à mi-voix.) Je vous laisse avec Teissier, mademoiselle ; tâchez de le convaincre, une femme réussit parfois où nous avons échoué. Si vous en ob-