‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 24 sur 85 · SCENE DIXIEME · texte numérisé non relu

SCENE DIXIEME

de tous les arrangements du monde. Je ne me suis pas donnée non plus pour une sainte. Mon passé est assez connu, Dieu merci, et, si vous me cherchez querelle pour un ami qui me salue ou pour une carte que je reçois, nous aurons des scènes toutes les cinq minutes.

ARTHUR

Elle m'ennuie. Elle m'ennuie. Il ne s'agit plus d'un autre maintenant, elle me parle de tout le monde.

ANTONIA

En voilà assez, mais n'y revenez plus. Donnez-moi la main... et allez-vous-en.

ARTHUR Comment ?

ANTONIA Vous voulez rester, mon ami ?

ARTHUR

Certainement.

ANTONIA C'est bien. Restez.

Elle le quitte, va au fond, enlève la table de jeu et la remet à la place qu'elle occupait à la première scène.

ARTHUR, qui l'a regardée faire.

Oh ! le besigue maintenant. (Changeant de ton.) Antonia ? (Silence.) Ma petite Antonia ?

ANTONIA Je ne vous écoute plus, mon ami.

ARTHUR

Laisse-moi te dire un mot.

ANTON1A

A quoi bon ? Je ne vous répondrai pas. Asseyezvous et coupez.

ARTHUR, après s'être assis machinalement.

Antonia, j'ai fait une bêtise.

ANTONIA Laquelle ?

ARTHUR

Nous étions plus heureux avant.

ANTONIA Avant quoi ?

ARTHUR Quand je n'étais pas seul.

ANTONIA Il est trop tard, mon ami, j'ai fait ce que vous avez

voulu. (A Adèle qui vient d'entrer.) Qu'est-ce qu'il y a, Adèle ?

ADÈLE

Monsieur est là, madame ; il dit que madame lui a écrit une lettre épouvantable ; il prie madame de lui pardonner.

ANTONIA

Tu entends, Arthur ? Tu peux encore te raviser, si tu le veux. Que décides-tu ?

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