SCENE DEUXIEME
Marquées ?
Marquées.
MADAME CHEVALIER LAMBERT
MADAME CHEVALIER
Posez-les là. .. là... ià. .. et asseyez-vous. Vous me regardez. Je suis bonne, n'est-ce pas, au milieu de toutes mes bardes ?
LAMBERT
Vous travaillez donc quelquefois ?
MADAME CHEVALIER
Quelquefois ? Toujours ! J'ourle, je marque, je mets des pièces, je fais tout chez moi. ..excepté les torchons. Pourquoi pas les torchons comme le reste, c'est bien un préjugé. Si je n'avais pas cette sagesse, ma maison serait jolie avec deux enfants qui occupent la femme de chambre du matin au soir. Et ils usent, ces marmots, ils usent ! Quand les bras me tombent, que ma tête s'engourdit et que je sens que je vais m'endormir, (montrant le guéridon) je trempe le bout d'un biscuit dans un demi-verre de ce petit vin blanc, la seule boisson qui me dise quelque chose. Vous allez y goûter avec moi.
LAMBERT
Je vous remercie.
MADAME CHEVALIER
Laissez-vous faire.
LAMBERT Plus tard.
MADAME CHEVALIER C'est là. Quand vous en voudrez, vous le direz.
Pause.
LAMBERT
Me voici heureux, madame.
De quoi ?
De me trouver où je suis. On est bien chez vous,, on y respire.
MADAME CHEVALIER
Venez quand vous voudrez, je ne ferme pas ma. porte.
LAMBERT
Quelle bonne chance j'ai eue, en venant passer l'été ici, de rencontrer une femme comme vous. C'est bien bonnet de coton ici, convenez-en. (Mme Chevalier ne répond pas.) Il est certain que vous seule m'y avez. retenu.
MADAME CHEVALIER
Je m'en félicite, vous ne deviez pas nous quitter. LAMBERT
Vous ne faites rien pour plaire et vous n'en plaisez que davantage.
MADAME CHEVALIER
Je suis naturelle. Il y a quelques bonnes gens encore, pas beaucoup, qui aiment cette note-là.