‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 29 sur 85 · SCENE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIEME

Marquées ?

Marquées.

MADAME CHEVALIER LAMBERT

MADAME CHEVALIER

Posez-les là. .. là... ià. .. et asseyez-vous. Vous me regardez. Je suis bonne, n'est-ce pas, au milieu de toutes mes bardes ?

LAMBERT

Vous travaillez donc quelquefois ?

MADAME CHEVALIER

Quelquefois ? Toujours ! J'ourle, je marque, je mets des pièces, je fais tout chez moi. ..excepté les torchons. Pourquoi pas les torchons comme le reste, c'est bien un préjugé. Si je n'avais pas cette sagesse, ma maison serait jolie avec deux enfants qui occupent la femme de chambre du matin au soir. Et ils usent, ces marmots, ils usent ! Quand les bras me tombent, que ma tête s'engourdit et que je sens que je vais m'endormir, (montrant le guéridon) je trempe le bout d'un biscuit dans un demi-verre de ce petit vin blanc, la seule boisson qui me dise quelque chose. Vous allez y goûter avec moi.

LAMBERT

Je vous remercie.

MADAME CHEVALIER

Laissez-vous faire.

LAMBERT Plus tard.

MADAME CHEVALIER C'est là. Quand vous en voudrez, vous le direz.

Pause.

LAMBERT

Me voici heureux, madame.

De quoi ?

De me trouver où je suis. On est bien chez vous,, on y respire.

MADAME CHEVALIER

Venez quand vous voudrez, je ne ferme pas ma. porte.

LAMBERT

Quelle bonne chance j'ai eue, en venant passer l'été ici, de rencontrer une femme comme vous. C'est bien bonnet de coton ici, convenez-en. (Mme Chevalier ne répond pas.) Il est certain que vous seule m'y avez. retenu.

MADAME CHEVALIER

Je m'en félicite, vous ne deviez pas nous quitter. LAMBERT

Vous ne faites rien pour plaire et vous n'en plaisez que davantage.

MADAME CHEVALIER

Je suis naturelle. Il y a quelques bonnes gens encore, pas beaucoup, qui aiment cette note-là.

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