‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 30 sur 85 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

LAMBERT Les adorateurs ne vous manquent pas pourtant. MADAME CHEVALIER

J'en ai un, je le sais. (Mouvement de Lambert.) Le général. Nous sommes très bons amis ensemble et nous nous entendons parfaitement. Il me conte quelquefois •des histoires, le général, qu'il pourrait garder pour iui. Mais il est vieux, il voit que je l'écoute, et, si j'ai le malheur de rire, il va, il va, on ne peut plus l'arrêter. — Etes-vous retourné chez les Langlois, «depuis leur fête ?

LAMBERT

Je m'y ennuie.

MADAME CHEVALIER Ah ! — Et la famille Rousselin, l'avez-vous vue ?

LAMBERT Elle m'assomme, la famille Rousselin.

MADAME CHEVALIER

Oh ! — Mme Papillon ?

LAMBERT Je ne la salue plus.

MADAME CHEVALIER

Très bien. Qu'est-ce que dit votre tante de tout ça ?

LAMBERT

Nous ne nous parlons pas pour le moment.

MADAME CHEVALIER

C'est complet. Prenez garde, monsieur Lambert, prenez garde, vous resterez garçon.

LAMBERT

Soit ! je resterai garçon ! On n'en vit pas plus mal.

MADAME CHEVALIER

Ni mieux. Je vous donne tort, moi, vous savez. Qu'est-ce que vous reprochez à notre petite société de Fontainebleau ? Elle e-t simple, gaie, heureuse ; elle a été parfaite pour vous, parfaite. Mais voilà. Quand on a pris l'habitude d'un certain monde, on se trouve dépaysé et mal en train dans l'autre.

LAMBERT

Non.

MADAME CHEVALIER

Si. On repousse de haut des obligations même agréables, après avoir accepté ailleurs les servitudes les plus révoltantes.

LAMBERT Non.

MADAME CHEVALIER

Si. Ailleurs on était aimable, galant, prodigue; il semble qu'avec nous on n'ait plus qu'à se fermer la bouche, et à faire des économies.

LAMBERT

Non.

MADAME CHEVALIER

Si. Voyons, monsieur Lambert, un peu de franchi-

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