SCÈNE SIXIÈME
GENEVIEVE, lui donnant la lettre.
Lisez-la. — Louise !
LOUISE Mademoiselle ?
GENEVIÈVE
Les enfants vont bien ?
LOUISE Oui, mademoiselle.
GENEVIÈVE
Qu'est-ce qu'ils font?
Ils dorment.
GENEVIÈVE
Vous ne leur direz pas que je suis là, je veux les surprendre moi-même.
MADAME CHEVALIER, lisant la lettre.
« Ma bonne amie, ma fille me tourmente depuis longtemps pour aller passer quelques jours avec toi et je n'ai pas osé lui refuser cette distraction, elle en a si peu, malgré l'embarras que cette grande enfant va te causer. Je lui ai bien recommandé d'être paisible, de retenir sa langue le p!us possible, et de mettre son séjour à profit en s'imprégnant de ton admirable raison.
« Ma Geneviève, chère et bonne amie, est entrée dans sa vingt et unième année, et, quoique je pleure bien souvent en cachette, en pensant qu'il faudra me séparer d'elle, le moment est venu de songer à la
marier. A bon entendeur, salut. » (m™c Chevalier plie
la lettre et en se retournant elle aperçoit Lambert et Geneviève
qui échangent un salut.) Eh bien ! voilà l'affaire ! Ils se conviennent parfaitement l'un et l'autre.
GENEVIÈVE
Vous voulez bien me garder, madame ?
MADAME CHEVALIER
Certainement je veux te garder,, un mois, deux mois, tant que tu ne t'ennuieras pas avec nous.
Merci. Quel est ce monsieur ?
MADAME CHEVALIER Un voisin.
GENEVIÈVE Marié ?
MADAME CHEVALIER
Oui, marié. Comment le trouves-tu ?
GENEVIÈVE Ordinaire.
MADAME CHEVALIER
Ordinaire ! Voyez-vous ça, mademoiselle ! Je t'ai trompée, c'est un garçon, regarde-le mieux.
GENEVIÈVE Il est bien.
MADAME CHEVALIER
Donne-moi ce sac. Ote ton chapeau. (Elle lui enlève
son chapeau, la recoiffe et la rajuste. ) I U vas te reposer un