‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 37 sur 85 · SCÈNE VII LAMBERT, GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII LAMBERT, GENEVIÈVE

GENEVIÈVE

Vous connaissez beaucoup Mine Chevalier?

LAMBERT

Je l'ai vue fréquemment, mademoiselle, depuis mon séjour ici.

GENEVIÈVE

Quelle charmante femme, n'est-ce pas?

LAMBERT

Tout à fait charmante.

GENEVIÈVE Et heureuse !

LAMBERT

L'est-el'e bien réellement ?

GENEVIÈVE

Heureuse ! Heureuse ! Heureuse !

LAMBERT

Je croyais que Mmc Chevalier se laissait vivre, sans trop regretter ce qui lui manque.

GENEVIÈVE

Qu'est-ce qui lui manque ? Tout ce qu'une femme peut désirer, elle l'a. Une position honorable et solide; un mari qu'elle mène par le bout du nez; deux enfants, un garçon et une fille. Vous les connaissez, ses enfants,, vous avez joué avec eux, des amours.

LAMBERT

Oui. J'ai aperçu dernièrement M1,e Berthe qui donnait une raclée à son frère.

GENEVIÈVE

Elle le bat comme plâtre. Deux amours !

LAMBERT

Ces petits bambins vont être bien contents, mademoiselle, en voyant arriver une bonne amie pour eux.

GENEVIÈVE

Oh ! une très bonne amie ! J'aime beaucoup Mme Chevalier, beaucoup, c'est une seconde maman pour moi ; il me semble pourtant que j'aime encore mieux Gaston et sa sœur. Je ne les ai pas beaucoup vus depuis qu'ils sont au monde et je pense constamment à eux. Si on s'attache autant aux enfants des autres, comment doit-on aimer les siens, je suis bien curieuse de le savoir.

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