‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 42 sur 85 · SCENE NEUVIEME · texte numérisé non relu

SCENE NEUVIEME

Poussez-vous un peu pour me faire une place... (il se recule à peine.) PiUS loin.

LAMBERT

Je vais trop vite.

Pause.

MADAME CHEVALIER Quel âge avez-vous ?

LAMBERT, étonné, après un petit sourire.

Trente ans.

MADAME CHEVALIER

Pas plus ?

LAMBERT

Pas plus.

Trente ans. L'âge est bien. Votre santé est bonne ?

LAMBERT, même jeu.

Excellente.

MADAME CHEVALIER

Vous ne me trompez pas ?

LAMBERT

Je suis... très robuste.

MADAME CHEVALIER

VOUS possédez?... (Étonnement de Lambert, avec une

nuance d'effroi.) Je vous demande ce que vous possédez. Un. chiffre exact.

LAMBERT

Cent mille francs... et quelques petites choses.

MADAME CHEVALIER

Disons cent mille francs. En valeurs sûres et négociables ?

LAMBERT

En valeurs sûres et négociables.

MADAME CHEVALIER

C'est bien. Je ne parle pas de votre tante, ça viendra quand ça viendra. (Elle se rapproche de lui avec amitié ; il se recule avec une épouvante comique.) Monsieur Lambert,.

je vous ai trouvé une femme.

LAMBERT, stupéfait et accable.

Comment, madame, vous m'avez retenu...

MADAME CHEVALIER

Pour vous marier, oui. Il me semble que mon interrogatoire était très clair.

LAMBERT

Oh ! très clair assurément.

MADAME CHEVALIER

Et j'ajouterai bien naturel. .. après votre entrevue avec cette jeune fille.

LAMBERT Mais, madame...

MADAME CHEVALIER

Écoutez-moi. Est-ce que vous n'êtes pas las et honteux, à votre âge, de courailler encore comme un véritable gamin ? E>t-ce qu'en voyant à tous vos amis femme, enfants, maison montée, un intérieur enfin, vous ne faites pas une comparaison pénible entre leur existence et la vôtre ? Est-ce qu'il ne faut pas toujours en venir là. au mariage, sous peine de

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