‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 43 sur 85 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

tomber dans quelque liaison inavouable, qui a mille fois ses inconvénients sans avoir un seul de ses -avantages ?

LAMBERT

Vous avez la voix de ma tante en ce moment.

Quel ensemble de sécurités pour un homme, lorsque la personne qu'il épouse est bien de son monde, et que toutes les convenances d'âge, de famille, d'argent, se trouvent réunies.

LAMBERT

La voix de ma tante !

MADAME CHEVALIER

Présentement, il ne s'agit pas d'une jeune fille en l'air, qui habiterait Bordeaux ou Amsterdam, et qu'on vous destinerait de cinq cents lieues. Vous connaissez votre prétendue, vous venez de la voir, vous lui avez parlé. Il est impossible que vous portiez sur elle un jugement défavorable. Répondez.

LAMBERT

Mon Dieu, madame, cette jeune fille ne m'a ni plu ni déplu.

MADAME CHEVALIER

C'est énorme, ça, énorme.

LAMBERT

Quant à l'impression que j'ai pu lui faire moimême...

MADAME CHEVALIER Vous l'avez frappée.

LAMBERT

Ah !

Frappée,

LAMBERT

Elle vous l'a dit ?

MADAME CHEVALIER

Non, une jeune fille ne dit jamais de ces choses-là. Mais ou je me trompe fort ou vous l'avez frappée bien vivement. Ne répétez pas cela, n'est-ce pas?

LAMBERT Oh ! madame.

MADAME CHEVALIER

Remarquez bien, monsieur Lambert, qu'en vous proposant ma petite Geneviève... Geneviève, quel joli nom ! ... je travaille pour vous et non pas pour elle. Ce n'est pas un rossignol que je cherche à placer, loin de là. Geneviève est très recherchée, elle a refusé plusieurs partis, et des partis, permettez-moi de vous le dire, beaucoup plus brillants que le vôtre.

LAMBERT En quoi ?

MADAME CHEVALIER

En tout, je ne vous le cache pas, en tout.

Un temps.

LAMBERT Elle apporte ?

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