‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 44 sur 85 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

MADAME CHEVALIER Vous entreriez dans une famille honorable.

Oui, c'est quelque chose. Elle apporte?

MADAME CHEVALIER Et quelle éducation ! La meilleure, une éducation de province.

LAMBERT

Oui, on est plus tranquille. Elle apporte ?

MADAME CHEVALIER Elle apporte deux cent mille francs, je ne vous l'ai pas dit ?

LAMBERT Deux cent mille francs ?

MADAME CHEVALIER Deux cent mille francs !

LAMBERT En valeurs sûres et négociables ?

MADAME CHEVALIER En valeurs sûres et négociables. C'est une dot.

LAMBERT C'est une dot.

11 se lève comme un homme indécis et violenté ; pause. MADAME CHEVALIER, se levant à son tour. Eh bien, monsieur Lambert, ce mariage est-il fait ?

LAMBERT Pas encore, madame.

MADAME CHEVALIER C'est bien long ! Pourquoi ?

Je me tâte.

MADAME CHEVALIER

Vous ne pouvez pas vous tâter éternellement.

LAMBERT

La jeune fille est charmante, je la vois mieux maintenant, elle a beaucoup de choses pour elle ; mais, si je l'épouse, je serai marié, n'est-ce pas?

MADAME CHEVALIER

C'est bien sûr. Un mariage de deux cent mille francs ne se refuse pas d'habitude... et je n'ai pas voulu vous parler des espérances.

LAMBERT

J'y songe ; je les ai évaluées déjà approximativement.

MADAME CHEVALIER

Concluons alors.

LAMBERT

Concluons, concluons. Je vois bien les raisons qui pourraient me décider, mais je vois aussi celles qui me retiennent.

MADAME CHEVALIER

Lesquelles ?

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