SCÈNE QUATRIEME
ZOE Tout de suite, mademoiselle.
Elle va chercher la caisse en zigzaguant et la dépose sur la table.
BLANCHE après avoir pris les parties de la robe auxquelles elle travaillait avec Marie.
Attention maintenant, mesdemoiselles! Un peu de patience encore et de la légèreté surtout. Cette robe ■est une merveille, n'en faisons pas un paquet, si c'est possible.
Les ouvrières se groupent autour de la table et disposent la robe dans la caisse.
MÉLANIE qui s est rapprochée d'Auguste. Votre santé est bonne, monsieur Auguste ?
AUGUSTE Comme vous voyez, m'ame Mélanie.
MÉLANIE
Cette pauvre Clarisse, vous l'avez bien mortifiée !
AUGUSTE
Pourquoi vient-elle ici ? Ce n'est pas une cliente... Je n'aurais rien dit à une cliente.
MÉLANIE
Il faut vous marier, monsieur Auguste. Un homme comme vous, qui ne court pas, qui ne boit jamais, devrait avoir son ménage.
AUGUSTE
J'y songe, m'ame Mélanie, j'y songe.
MÉLANIE
Qu'est-ce qui vous retient, mon cher Auguste? Ne craignez pas que votre femme ait quelques années de plus que vous. Une jeune épouse n'est pas toujours bien raisonnable, ni économe, ni fidèle. On croit mettre le paradis dans sa maison, on y met l'enfer.
AUGUSTE
Ça, c'est vrai. Ça peut se voir plus qu'il ne faudrait. Mais que voulez-vous, m'ame Mélanie ? Le neuf, comme on dit. est d'un meilleur usage que le vieux.
Elle le quitte avec dépit ; il goguenarde. BLANCHE Est-ce bien, mesdemoiselles ? Julienne?
JULIENNE C'est bien.
Et vous, Louise ?
LOUISE Il n'y a rien à dire.
BLANCHE, le couvercle à la main.
Je ferme.
ZOÉ Mettez-moi dedans, mademoiselle!