‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 84 sur 85 · LE MAIRE, GROS-JEAN · texte numérisé non relu

LE MAIRE, GROS-JEAN

LE MAIRE

Eh bien, Gros-Jean ?

GROS-JEAN Justin approche.

LE MAIRE

Ah ! Qu'est-ce qui s'est passé?

GROS-JEAN

Rien, Monsieur le Maire.

LE MAIRE Rien?

GROS-JEAN Rien.

LE MAIRE

Tabouret est ici ; les autres ?

GROS-JEAN Les autres sont restés chez eux.

LE MAIRE Vous n'avez rencontré personne ?

GROS-JEAN

Personne.

LE MAIRE Pas de cris, pas de pierres ?

GROS-JEAN Non, Monsieur le Maire.

LE MAIRE

Eh bien, Gros-Jean, nous en serons quitte pour la peur.

GROS-JEAN

Je ne sais pas si je dois dire à M. le Maire...

LE MAIRE

Allez donc, Gros-Jean, parlez donc.

GROS-JEAN

Lorsque Justin est arrivé à la Petite-Place, il a levé la tête ; on a ouvert une fenêtre et on lui a jeté un bouquet.

LE MAIRE

Un bouquet ! Vous êtes bien sûr ?

GROS-JEAN Oui, Monsieur le Maire.

LE MAIRE

Allons, bon! il reçoit des bouquets maintenant! Il est bien temps qu'il s'en aille. Qui est-ce qui demeure à la Petite-Place ? Ce bouquet-là ne peut venir que d'une femme ou d'un anarchiste.

Entre Justin, une pratique de petite ville ; il est inquiet et goguenard à la fois ; il tient de la main droite une valise et une queue de billard ; de la main gauche un bouquet.

Page 1