‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 85 sur 85 · SCÈNE V LE MAIRE, JUSTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE V LE MAIRE, JUSTIN

LE MAIRE

Voici ta place pour Paris, mon garçon. Une première, tu ne te plaindras pas. Moi qui ne dois rien à personne, je ne prends jamais que des secondes. Voici de plus un billet de cent francs ; je ne veux pas que tu débarques là-bas sans un sou dans ta poche. Quand cet argent sera mangé, si tu n'as pas trouvé des moyens d'existence , ne m'écris pas pour en avoir d'autre, ce serait absolument inutile

L'EMPLOYÉ, revenant.

Les voyageurs pour Paris, en voiture, en voiture !

Justin fait un mouvement.

ÎÇ2 UNE EXÉCUTION

LE MAIRE, le retenant.

Tu as le temps. Je voudrais pouvoir te dire que tu; emportes l'estime de tes compatriotes, mais tu ne me croirais pas. Tu emportes leur argent, oui, leur estime, non. Fais fortune, la considération te reviendra. Tu as de l'aplomb, tu mens avec assurance, ce ne sont pas les scrupules qui fétouffent, si tu peux trouver à entrer dans les affaires, je crois que c'est là où tes. qualités seront à leur place.

L'EMPLOYÉ, revenant.

Les voyageurs pour Paris, en voiture, en voiture,

Justin fait un mouvement.

LE MAIRE, le retenant.

Tu as le temps. Qu'est-ce que je demande ? Que tu travailles et que tu gagnes ta vie honorablement. Mais vraiment si c'est dans ta nature de duper tout le monde, tâche au moins que ça te profite et que ça te conduise à quelque chose. Je t'attends, pour te juger définitivement, à ta conduite avec moi. Cent francs que je viens de te remettre et cinquante de ton voyage, total ; cent cinquante francs qui seront sortis de ma caisse. Je ne te les réclamerai jamais ; mais dans un an ou dans dix, tu me trouveras toujours là pour rentrer dans mes débours. Maintenant, mon gar-

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