ACTE QUATRIÈME
BERNARDIN Une aventurière !
THÉODORE Comment ?
BERNARDIN Une coquine !
THÉODORE
Mais vous n'êtes donc pas son père ?
Le père d'un pareil monstre ! Je n'ai jamais eu •qu'un enfant, et c'est un de trop.
THÉODORE, défaillant.
Ah!
BERNARDIN Qu'avez-vous ?
THÉODORE Ah ! Clarisse !
BERNARDIN
Qu'est-ce qui vous prend maintenant?
THÉODORE Alors vous pouvez être son beau-père ?
BERNARDIN Jamais ! (A part.) J'ai tout compris.
THÉODORE
Mais la présence de mon père chez Clarisse a besoin d'une explication. Qu'est-ce que c'est que Mme de la Richardière ?
BERNARDIN
Je ne la connais pas.
THÉODORE
Vous ne la connaissez pas. Vous ne connaissez pas non plus M. Azincourt ?
BERNARDIN Pas davantage.
Il y a un secret terrible entre cette femme et vous,, je veux le savoir.
BERNARDIN
Je vais vous le dire. C'est à la station de Lyon que c'a a commencé... Non, monsieur, je ne vous dirai rien. Partons pour Montélimart
THÉODORE Je reste à Paris.
BERNARDIN
Eh bien, mon fils, apprenez qu'instruit de vos éga~ rements, je me suis introduit sous un nom d'emprunt chez une personne que je m'abstiens de qualifier. Mon expérience et ma connaissance de la vie m'ont fait reconnaître aussitôt le genre de femme qui était devant moi, quoiqu'elle ait essayé de me séduire par des pièges grossiers et en s'attribuant le nom de la Richardière, qui n'est pas le sien, pas plus peut-être que celui de Clarisse Bertrand.
THÉODORE
Vous avez raison, mon père, son nom véritable est Amanda.