ACTE TROISIEME
LE BARON
Ce que vous me dites là est en effet très honorable et me cause le plus grand plaisir. Je n'ai jamais pensé à M. Pauper sans intérêt.
MADAME DE LA ROSERAVE
Venons tout de suite, monsieur le baron, à l'objet principal de votre visite.
LE BARON
Très volontiers. Si je vous ai bien comprise, chère madame, voici le parti auquel vous vous êtes arrêtée et le bon office que vous attendiez de mon attachement à votre personne. Réduites, votre fille et vous, à demander au travail les subsistances de chaque jour, vous avez songé tout naturellement à utiliser l'éducation et les talents de M11-' Hélène. Vous avez souhaité alors de lui trouver un emploi d'institutrice •dans quelque famille aisée et hospitalière qui conviendrait à l'avance de ne pas vous séparer de votre enfant. C'est bien cela ?
MADAME DE LA ROSERAYE
C'est cela même. Après, monsieur le baron.
LE BARON
Vous avez bien voulu, chère madame, pensera moi et me demander si je ne connaîtrais pas cette famille que vous cherchiez. Je me suis souvenu fort à propos qu'en Touraine habitait une de mes petites nièces, charmante femme, mère de deuK jeunes enfants, et dont le mari, riche propriétaire foncier, est bien le
plus simple et le meilleur des hommes, en même temps qu'un homme d'initiative et de progrès... Il a expérimenté des procédés nouveaux de culture qui ont compromis une partie de sa fortune... J'ai écrit aussitôt à ma nièce et la réponse qu'elle vient de m'envoyer est si satisfaisante de tous points, sa lettre est écrite en termes si obligeants, si parfaits, que j ai tenu à la mettre sous vos yeux.
Ii cherche la lettre sans la trouver.
Ma fille et moi, monsieur le baron, nous vous sommes bien reconnaissantes de votre amitié.
LE BARON, lui donnant la lettre.
Lisez, chère Madame.
MADAME DE LA ROSERAYE, lisant, a part.
s< Monsieur le baron Von-der-Hohveck, le titre nobiliaire que vous portez pas plus que les infirmités de la vieillesse ne sauraient vous soustraire à l'obligation de payer vos loyers... »
Embarrassée, et après un geste de commisération pour le baron, elle veut lui rendre la lettre.
LE BARON
Xe vous hâtez pas, chère madame, ne vous hâtez pas.
MADAME DE LA ROSERAYE, reprenant la lecture de la lettre.
« S'il est vrai que vous apparteniez à une famille royale, comme on le dit dans le quartier, vous devriez