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ACTE TROISIEME

réponse aussi satisfaisante que vous pouvez la désirer. Ne me remerciez pas. Vous voyez que pour plaire à une aimable amie comme vous, je n'ai consulté d'abord que ce qui lui était le plus agréable ; mais nç puis-je pas me demander aussi ce qui lui serait le plus avantageux ?

HÉLÈNE

J'ai besoin de repos et de recueillement. J'ai besoin d'une occupation régulière, et je la voudrais si intéressante qu'elle absorbât toute mon attention, toutes mes pensées, jusqu'à mes souvenirs. J'ai besoin d'une existence grave et disciplinée. Ceux qui, me jugeant sévèrement, méconnaissent mes qualités morales, les verront à l 'œuvre et leur rendront peut-être justice ! — Ma mère a dû vous dire, monsieur le baron, que votre famille était la seule dont nous accepterions l'hospitalité.

LE BARON

Aussi est-ce une de mes parentes qui vous l'offre.

Vous la nommez?

LE BARON

Mmc Avril . . .C'est une demoiselle de Rivailles. . . (mouvement d'Hélène.) petite cousine du comte de Rivailles que vous connaissez.

HÉLÈNE

Ils se voient beaucoup sans doute

LE BARON

Fort peu, au contraire.

HÉLÈNE Pourquoi ?

LE BARON

La famille du comte, sans cesser de le considérer comme un des siens, ne lui pardonne pas pourtant soa existence bruyante et désordonnée.

HÉLÈNE Elle a raison.

LE BARON

On aurait voulu qu'il se mariât.

HELENE, après une violente secousse.

Et quel parti lui offre-t-on?

LE BARON

Aucun, que je sache. Il est trop tard aujourd'hui. M. de Rivailles ne trouverait plus une jeune fille de son monde qui consentît à l'épouser.

HÉLÈNE

Ont-elles le droit d'être si difficiles?

LE BARON

Je parle de celles qui l'ont. M. de Rivailles, depuis longtemps déjà, est tenu à distance par toutes les femmes de la bonne compagnie.

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